DES MOTS... ET DES MAUX

KYazidi

En ces temps troubles, où on nous ressasse que l’on a « reconquis » notre liberté d’expression, et notre liberté de pensée/penser, c’est possible, rien n’est sûr quand on regarde de près tout ce qui nous entoure et tout ce qui s’y passe.

Par contre on observe une errance, une incertitude, et une profonde angoisse impossible à camoufler, et qui tous, engendrent partout et à tous les niveaux des discours chaotiques, souvent contradictoires, des agissements biscornus, insensés, des fois même loufoques.

Alors la première question qui s’impose est « Est-ce que c’est grave ? », ma réponse à moi est sans équivoque, Non ! Au sortir d’un profond changement de la société tunisienne, il faut bien un temps d’adaptation et c’est dans la nature des choses. Alors pourquoi s’alarmer ?

Mais il est, aussi intéressant de ne pas se laisser avoir par cet état des faits et de placer quelques balises rien que pour combattre l’anxiété par un minimum de sérénité.

Par exemple, il y a ceux qui ont décidé de se TAIRE, c’est leur droit absolu. Mais qu’ils se taisent, et arrêtent l’ignominie de susurrer des discours mensongers, diffamatoires, et arrêtent de colporter les ragots. Se taire, c’est s’imposer le silence, et le silence est d’OR. Pourquoi se privent-ils alors de cette richesse tout en allant à contre-courant avec leurs propres convictions ?

Et il y a ceux qui ont décidé de parler, de hausser la voix, c’est aussi leur droit absolu .Mais ils doivent le faire selon les règles. Ce n’est pas avec les mêmes mots réitérés à l’infini, que leurs discours auront de la consistance. Ce n’est pas avec la même revendication répétée jusqu’à l’obsession qu’ils atteindront ce statut de « justicier révolutionnaire » qu’ils se sont octroyés eux-mêmes et qui motive leurs sombres mesquineries.

Il est vrai que les choix personnels sont indiscutables, tant qu’ils restent personnels, mais il faut s’y en tenir et ne pas se débattre constamment avec ses propres contradictions. S’octroyer le droit de juger, c’est se donner certaines compétences qu’on n’est pas sûr de posséder. Et souvent on ne les a pas, on se leurre tout le temps, consciemment ou inconsciemment mais on se leurre surement.

Palabrer à longueur de journée pour contrer les frustrations, c’est jongler avec des mots et rien que des mots, creux, évidés de leurs sens par leur accumulation et la faiblesse du lexique d’où ils émanent.

La solution est dans le dépassement des discours plats, itératifs, pour l’action. Agir remplace le meilleur discours jamais écrit. Alors… que vous vous taisiez ou que vous parlez, vous ne ferez qu’accentuer le chaos, l’incertitude, l’angoisse et tous les maux de la société.

L’histoire s’écrira sans vous, parce que l’histoire s’écrira de toute manière par ceux qui agissent. Vous vous plaisez dans la masse anonyme ? Vous voulez vivre empêtrés dans vos sombres discours ? Libre à vous !

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