La Fille

Certaine fille un peu trop fière
Prétendait trouver un mari
Jeune, bien fait et beau, d’agréable manière.
Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci.
Cette fille voulait aussi
Qu’il eût du bien, de la naissance,
De l’esprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir ?
Le destin se montra soigneux de la pourvoir :
Il vint des partis d’importance.
La belle les trouva trop chétifs de moitié.
Quoi moi ? quoi ces gens-là ? l’on radote, je pense.
A moi les proposer ! hélas ils font pitié.
Voyez un peu la belle espèce !
L’un n’avait en l’esprit nulle délicatesse ;
L’autre avait le nez fait de cette façon-là ;
C’était ceci, c’était cela,
C’était tout ; car les précieuses
Font dessus tous les dédaigneuses.
Après les bons partis, les médiocres gens
Vinrent se mettre sur les rangs.
Elle de se moquer. Ah vraiment je suis bonne
De leur ouvrir la porte : Ils pensent que je suis
Fort en peine de ma personne.
Grâce à Dieu, je passe les nuits
Sans chagrin, quoique en solitude.
La belle se sut gré de tous ces sentiments.
L’âge la fit déchoir : adieu tous les amants.
Un an se passe et deux avec inquiétude.
Le chagrin vient ensuite : elle sent chaque jour
Déloger quelques Ris, quelques jeux, puis l’amour ;
Puis ses traits choquer et déplaire ;
Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire
Qu’elle échappât au temps cet insigne larron :
Les ruines d’une maison
Se peuvent réparer ; que n’est cet avantage
Pour les ruines du visage !
Sa préciosité changea lors de langage.
Son miroir lui disait : Prenez vite un mari.
Je ne sais quel désir le lui disait aussi ;
Le désir peut loger chez une précieuse.
Celle-ci fit un choix qu’on n’aurait jamais cru,
Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse
De rencontrer un malotru.

Jean de La Fontaine

Vanité

par Coline Lemoine 2nd6

J'ai choisi ce titre pour sa définition. Quoi que fasse l'Homme, il finira toujours par mourir. La beauté est une vanité vu qu'elle est éphémère. C'est exactement ce que dit cette poésie. Il faut profiter de cette beauté fugace tant que l'on peut avant qu'il ne soit trop tard.

Mon projet a été réalisé à partir de la fable La fille de Jean de la Fontaine. Nous pouvons y voir représentées 4 roses, décrivant chacune une étape de la beauté qui disparaît chez la femme au fil du temps qui, ici, est représenté par des pots.

J'ai choisi la rose pour représenter la beauté éphémère de la femme car la rose se fane au fil du temps et qu'il en existe de plusieurs couleurs pour pouvoir représenter correctement cette beauté qui s'en va.

Le choix des pots de tailles et styles différents pour contenir chaque rose car la vie nous contient tous et s'accourcit en voyant le temps passer.

Premier pot : La rose est jeune et belle, fraîchement coupée du matin même. Le pot est propre et grand. Cette beauté est inatteignable car  elle est beaucoup trop haute. Nous croyons pouvoir un jour gravir ses feuilles pour s'approcher de celle-ci mais ce périple est parsemé d'épines et le rend malheureusement, douloureux. Elle garde la tête haute pour ignorer ceux qui se trouvent en dessous.

Certaine fille un peu trop fière
Prétendait trouver un mari
Jeune, bien fait et beau, d’agréable manière.
Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci.
Cette fille voulait aussi
Qu’il eût du bien, de la naissance,
De l’esprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir ?
Le destin se montra soigneux de la pourvoir :
Il vint des partis d’importance.

Deuxième pot : La fleur n'a plus sa fraîcheur d’antan : ses pétales se fanent et tombent et ses feuilles se ternissent. Le pot commence à se salir en vieillissant. Elle s'ouvre et baisse la tête pour voir les autres en dessous, elle se raccourcie et perd de ses épines. Une beauté de plus en plus atteignable mais ce périple en vaut-il encore la chandelle?

Après les bons partis, les médiocres gens
Vinrent se mettre sur les rangs.
Elle de se moquer. Ah vraiment je suis bonne
De leur ouvrir la porte : Ils pensent que je suis
Fort en peine de ma personne.
Grâce à Dieu, je passe les nuits
Sans chagrin, quoique en solitude.
La belle se sut gré de tous ces sentiments.
L’âge la fit déchoir : adieu tous les amants.

Troisième pot : La rose a perdu de son rouge sensuel. Le pot se salit de plus en plus. La terre est en pagaille. Les feuilles sont ternes. Elle se penche et se raccourcie de plus en plus. Ses épines sont parties.

Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire
Qu’elle échappât au temps cet insigne larron :
Les ruines d’une maison
Se peuvent réparer ; que n’est cet avantage
Pour les ruines du visage !

Quatrième pot : Un petit peau pâle et très sale. Une petite tige. Des pétales qui tombent. Les personnes qui la convoitaient ne sont plus là. Elles les regrettent. Elle n'a plus d'autre chose de ce tourner vers de ce qu'il y a de plus vulgaire : de la boue.

Celle-ci fit un choix qu’on n’aurait jamais cru,
Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse
De rencontrer un malotru
.

Autres photos de mon oeuvres