07          La musique de l'espace

Musique, fonctions et circonstances
Les domaines sont ceux du Successif et du Simultané,
du Timbre et de l’Espace.

Il s’agit d’un chant polyphonique africain du Togo intitulé Zomina.
Il est basé sur un dialogue soliste-chœur (chant responsorial).
Dans cet arrangement on trouve un passage en bourdon
et une voix secondaire ici et là.

Il s’agit de déterminer de quelle façon une œuvre musicale peut être reliée à l’édification d’un bâtiment architectural ou aux diverses modifications qui lui ont été apportées.
Bien entendu les TRAAM ont aussi pour objectif de développer l’usage des TICCE dans les disciplines, c’est donc l’occasion de montrer aux élèves les divers outils à notre disposition – les logiciels Audacity, Acousmographe, ou HighC – parmi tant d’autres et de choisir le plus pertinent.

En ce qui concerne l’Histoire des arts, nous pourrions classer la séquence dans les domaines Arts, ruptures, continuités aussi bien que dans les Arts du visuel.

A la fin du XIIème siècle, Perotin a été le plus illustre représentant de l’Ecole de Notre-Dame aux côtés de Léonin. Il a posé les fondements de la musique polyphonique et a été le premier à écrire un organum à 4 voix. Cela coïncide avec les évolutions de la construction de la cathédrale et cela a probablement changé l’acoustique du lieu et permis de nouvelles expérimentations dans ce domaine.
Vous trouverez tous les renseignements sur notre étude dans les fiches et la video finale.

Nous visionnerons la forme d’onde dans le logiciel acousmographe grâce auquel on visualise la musique en écoutant les différentes évolutions de la pièce (je n’ai extrait que la première phrase jusqu’à la séquence grégorienne). En outre on peut ajouter des repères pour démarquer les différentes phrases, voire les faire disparaître et demander aux élèves de sélectionner des outils pour marquer leurs propres trouvailles. Les mots clés ici sont homorythmie, monodie, polyrythmie et polyphonie. Ensuite Le bourdon, la répétition et l’imitation.

« Proverb » (1995) de Steve Reich, compositeur minimaliste américain né en 1936, une œuvre pour 5 voix et percussions directement inspirée du Viderunt Omnes. Il y emploie la forme canon qui lui est chère ainsi que le procédé de la répétition, bien entendu. Le texte : "How small a thought it takes to fill a whole life!" (Il suffit d'une si petite pensée pour remplir une vie entière) résume à elle seule une grande partie des recherches de ce compositeur.

Libre Vermell de Montserrat, c’est un chant de pèlerin qui est très simplement construit dans la forme canon à partir de 3 phrases qui s’entrelacent. Le chant (en langue latine) est souvent chanté mais aussi joué aux instruments, puis voix et instruments reprennent ensemble. Nous pourrions facilement le jouer à la flûte ou aux carillons, mais ce qui m’intéressait le plus, c’était de permettre aux élèves de réaliser différents enregistrements en changeant de lieu : Le préau (fermé), la cour du haut (ouverte à tous les vents), un long couloir, le gymnase, un escalier ou la classe bien entendu mais aussi dans une petite pièce et d’écouter et de comparer le résultat enregistré. Nous reverrons dans ce chant les mots-clefs de la séquence (monodie, bourdon, canon, polyphonie, etc)

Dans la deuxième partie de notre travail, nous allons nous téléporter dans notre monde moderne, à la fin des années 50, avec la contruction du pavillon Philips à l’occasion de la l’exposition universelle de Bruxelles en 58. L’architecte, Le Corbusier, surbooké, confia l’achèvement des travaux à Iannis Xenakis (compositeur français d’origine grecque -1922-2001 – qui était également mathématicien et musicien). En outre il demanda à Iannis Xenakis (compositeur grec - 1922-2001) et à un autre grand compositeur français,Edgar Varèse (1883-1965) de composer une musique destinée à accompagner son spectacle multimedia dont la particularité était d’être diffusée par des haut-parleurs situés tout autour du lieu, de sorte que où que l’on soit, on pouvait entendre la même partie de la musique. C’était une sorte de témoignage du monde moderne, qui mêlait toutes sortes d’images à 360° sur les tentures du lieu. L’œuvre de Varèse s’intitule Poème électronique. Il y inclut divers objets sonores, de sources diverses (électroniques, concrets, instrumentaux et vocaux).

Xenakis écrivit une courte pièce intitulée Concret PH (peut-être en référence au mot anglais concrete=béton) qui assurait la transition entre deux espaces du pavillon. Il employa un son unique (le crépitement du charbon) et lui assigna divers effets, ce qui créait un son continu et toujours mouvant. Le bâtiment fut détruit en 1959 mais certains internautes ont publié des videos de reconstruction virtuelle du pavillon qui aident à se rendre compte de ce que cela pouvait donner. Sur la première video vous pouvez entendre une autre œuvre mythique de xenakis « metastasis », ainsi qu’une partie du Poème électronique.