La semaine de la langue français et de la francophonie s'est tenue du 14 au 22 mars 2015. De très nombreux événements culturels pour la promotion de la langue et de la culture française ont eu lieu dans un grand nombre de pays. On peut les découvrir en se rendant sur ce site.

Une journée est particulièrement marquante, celle du 20 mars. Sur les cinq continents, les 220 millions de locuteurs en français sont appelés à fêter la Journée internationale de la Francophonie. Institutionnalisée en 1988, elle constitue l'événement phare de la Francophonie qui fédère près d'un milliard de personnes dans 75 Etats et gouvernements de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Cette manifestation offre l'occasion de faire un rapide état des lieux en répondant à trois questions: la francophonie

c'est quoi?

c'est où?

c'est qui?

La francophonie, c'est quoi?

"Le terme de francophonie apparut pour la première fois en 1880. C'est le géographe français Onésime Reclus (1837-1916) qui l'a employé pour désigner les espaces géographiques où la langue française était parlée. Il s'agit de l'ouvrage France, Algérie et colonies. On entend aujourd'hui par francophonie (avec une minuscule initiale) l'ensemble des PEUPLES ou des groupes de locuteurs qui utilisent partiellement ou entièrement la langue française dans leur vie quotidienne ou leurs communications. Le terme Francophonie (avec une capitale initiale) désigne plutôt l'ensemble des GOUVERNEMENTS, pays ou instances officielles qui ont en commun l'usage du français dans leurs travaux ou leurs échanges. Donc, on parle de deux réalités différentes selon qu'on écrit francophonie (peuples ou locuteurs) ou Francophonie (gouvernements ou pays)".

C'est ainsi que le terme est défini dans un article paru sur le site de l'Université Laval et consultable ici.

Ces définitions doivent être complétées par un autre terme:  la Francité est l’ensemble des traits qui forme la communauté d’esprit de la francophonie, c’est-à-dire le caractère particulier de la civilisation française. Ce mot a connu depuis 1964 par le relais du Québec une diffusion parallèle à celle de francophonie, notion avec laquelle il se confond parfois. Alors qu’il se trouve à l’Université Laval de Québec en 1966, Léopold Sédar Senghor déclare : « La Francophonie, c’est par delà la langue, la civilisation française, plus précisément l’esprit de cette civilisation, c’est-à-dire la culture française, que j’appellerai Francité » Cf. cette page.

Pour se faire une idée du développement de la francophonie au fil des décennies et des événements marquant dans son histoire, il convient de consulter cette belle frise interactive disponible sur le site de l' OIF

Cette info est à compléter par une chronologie établie par la Documentation française, la dernière mise à jour datant de 2010.

La francophonie, c'est où?

Une carte, empruntée à ce blog,  permet de visualiser les pays où le français est pratiqué:

On peut également consulter d'autres cartes et disposer de la liste des états et gouvernements membres de la Francophonie (classés par continent) en se rendant sur ce site.

Ces documents peuvent être complétés par un diaporama réalisé par Joachim Sanchez.

La francophonie, c'est qui?

Voici les chiffres fournis par France diplomatie: Le français est, avec l’anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. Le français se situe au 9ème rang des langues les plus utilisées. On compte aujourd’hui plus de 220 millions de francophones à travers le monde, soit plus de 3 % de la population mondiale. L’Europe regroupe 44 % de la population francophone, l’Amérique 7,6 %, et l’Afrique 46,3 %, l’Asie 1,8 % et l’Océanie 0,3 %. On peut y ajouter 100 millions d’apprenants et un million de professeurs de français dans le monde.

Le ministère fournit cette infographie:

L'OIF fournit les informations suivantes: "L’estimation globale du nombre de francophones concerne les populations des pays membres et observateurs de l’OIF en 2014. Ont néanmoins été ajoutées quelques données disponibles pour des pays ou territoires n’appartenant pas à l’OIF, tels que l’Algérie, l’Allemagne, les États-Unis, Israël, le Portugal, le Royaume-Uni, la Suède, le Val d’Aoste... où résident de nombreux francophones, et/ou pour lesquels des données fiables existent. Au total, près de 274 millions de personnes peuvent être définies comme francophones de façon certaine".  

La répartition des francophones dans le monde en 2014 est la suivante selon l'OIF:

Ces infos sont à compléter par une belle vidéo. Elle traite des points suivants: Combien de francophones y a-t-il dans le monde ? Où sont-ils et quel usage font-ils de la langue française ? Où en est l’apprentissage de la langue française en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie ? Dans quels pays le français est-il une langue d’enseignement ? Quel avenir pour la langue française en Afrique ? Qu’entend-on par « francophonie économique » ? Quelle place occupe le français sur Internet ? Allez visionner la langue française dans le monde  mise en ligne par l'OIF sur YouTube le 5/11/2014.

État et devenir du français
et de la francophonie

Deux documents denses, passionnants et superbement rédigés sont à consulter.

1. A l’occasion de la journée internationale de la Francophonie, l’Observatoire de la langue française met en ligne, en libre téléchargement, son rapport "La langue française dans le monde 2014" (octobre 2014, Paris, édition Nathan).

Publié tous les quatre ans, ce rapport est un outil essentiel pour tous ceux qui s’intéressent à la situation précise du français dans tous les domaines et dans chaque pays. L’édition 2014 recense 274 millions de francophones dont les 3/4 font un usage quotidien du française, en progression de 7% depuis 2010.

il est consultable et téléchargeable en cliquant sur ce lien.

2. "La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable", rapport sous la direction de Jacques Attali et remis à F. Hollande en août 2014.

Je me permets de citer la page de synthèse ouvrant ce dossier essentiel à lire (les passages en gras et les retours à la ligne sont de mon fait):

"Le potentiel économique de la francophonie est énorme et insuffisamment exploité par la France. L’effacement progressif des frontières nationales impose d’autres critères d’appartenance identitaire : la langue et la culture constituent la nouvelle géographie.

L’espace géolinguistique économique de la francophonie va au-delà des frontières institutionnelles de la francophonie et recouvre les cinq continents. Il inclut

- les pays francophones non membres de l’OIF (Algérie) ; les pays où une proportion de la population parle le français (Israël) ; les pays dits ici « francophiles » qui ont un intérêt économique à apprendre le français (Nigeria1).

- les diasporas francophones, les réseaux d’anciens élèves de l’enseignement français. A cela s’ajoutent les 50 millions d’apprenants du français comme langue étrangère à travers le monde, ainsi qu’une élite de plusieurs milliers d’« influenceurs francophilophones » qui occupent des postes économiques, culturels et politiques stratégiques dans des pays non francophones.

La francophilophonie regroupe donc les pays francophones, les pays francophiles et les francophones et francophiles du reste du monde.

La francophonie est le 6ème espace géopolitique par sa population et peut devenir le 4ème à horizon 2050. 230 millions de gens parlent français aujourd’hui. Au total, l’ensemble des pays francophones et francophiles représente 16 % du PIB mondial, avec un taux de croissance moyen de 7 %, et près de 14 % des réserves mondiales de ressources minières et énergétiques, alors que les francophones ne représentent encore que 4 % de la population mondiale.

Deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % plus que s’ils n’en avaient pas. Les échanges commerciaux induits par le partage du français entre une trentaine de pays francophones sont à l’origine de 6 % de la richesse par habitant en moyenne pour ces pays et de 0,2 point de taux d’emploi 2.

Trois évolutions pourraient accélérer la croissance économique des pays francophones d’ici à 2050 :

- le nombre de francophones pourrait atteindre 770 millions ;

- le besoin en infrastructures pourrait porter la croissance des pays francophilophones ;

- le développement des nouvelles technologies pourrait accélérer leur développement (paiement mobile, e-santé, big data, etc.).

Cependant, faute d’un effort majeur, on pourrait assister en effet à un recul de l’espace francophilophone : le nombre de francophones pourrait décroître, sous la pression de la concurrence des autres grandes langues internationales, des langues locales, et face aux difficultés de certains pays francophones du Sud à assurer l’accès à l’éducation de leurs populations en situation d’explosion démographique. Le nombre de francophones en 2050 pourrait alors être inférieur à celui d’aujourd’hui, au lieu de croître jusqu’à 770 millions".

Ce rapport est consultable en cliquant ici.