Page d'un journal intime d'un journaliste de guerre

Il est trois heures du matin, dans une ville du Moyen Orient, qui est en plein conflit de guerre. Je ne peux pas dormir à cause du bruit à l’extérieur. Je suis inquiet parce qu’il y a de nombreuses explosions dans la rue, qui illuminent ma chambre et la font violemment trembler.

En plus aujourd’hui c’était une journée très dure pour moi. J’ai été témoin d’une cruelle injustice qui va rester dans ma mémoire pendant toute ma vie. Mon appareil de photo a capturé l’instant où un petit enfant a perdu sa famille. Heureusement il a pu être sauvé grâce à des soldats de coopération internationale.

Voir comment l’enfant a été sauvé c’est la meilleure image que j’ai eue depuis que je suis arrivé ici, il y a plus de deux mois. Tout dans ce lieu semble sombre, mort, triste et absolument déprimant. Tous les jours je me pose les mêmes questions : pourquoi je suis ici…pourquoi j’ai choisi cette profession. J’ai même réfléchi à rentrer chez moi, mais je n’ai pas le courage d’abandonner tout ça.

Je me rappelle quand j’étais étudiant à l’université et j’imaginais l’avenir très simple et fascinant. J’avais envie de croquer la vie à pleines dents! Et maintenant je suis en train de pleurer sur ces lignes.

Je serais content de voir bientôt ma famille, pouvoir l’embrasser et pouvoir effacer tous les mauvais souvenirs, parce qu’ ici j’ai remarqué que le seul fait d’avoir une famille est un fait extraordinaire !

J’espère que ce conflit sera bientôt fini…

Estela Susana