Page d'un journal intime d'un journaliste de guerre

Il est 23h, je suis enfin sous ma tente, j’ai besoin d’écrire ; je vais résumer mon premier jour de travail ici à Damas avec cette phrase : je ne comprends pas que la religion et la politique soit si importante qu’elle puisse déboucher sur peut-être l’origine d’une guerre mondiale.

Aujourd’hui j’ai trouvé mon travail vraiment difficile. J’ai toujours aimé travailler comme journaliste de guerre parce que je croyais que raconter l’actualité d’ici aux francophones, en vivant le conflit armé en direct, serait plus impactant que de le faire depuis mon pays. Je connaissais les risques qu’il y avait pour un journaliste comme moi ici en Syrie mais, je ne pouvais pas imaginer comment ce serait d’être ici. Même si je savais à quoi m’attendre, on n’est jamais prêt à affronter ce type de situation. D’abord, à cause de tous les restrictions, j’ai peur de ne pas pouvoir dire ce que j’en pense, de me promener dans la rue parce que je peux être tué. Aussi parce que je suis européen donc je pense : je peux être le prochain journaliste qui soit enlevé ! Et en ce qui concerne les refugiés, la situation me rend à la fois triste et impuissant, parce que toute l’aide qu’ils peuvent recevoir ne serait pas suffisante pour vaincre leur peur.

D’autre part, je pense que je suis ici pour une raison : raconter au monde entier ce qui se passe en Syrie, même si je dois y laisser ma peau ! Ce que je voulais faire, c’était ça, donc je ne devrais pas avoir peur. Au contraire, je travaillerais de la manière la plus professionnelle que je puisse, en restant vigilant aux attaques des extrémistes.

Blanca