Qui sont les intermittents ?

Ce n’est ni un statut, ni un métier. C’est un régime particulier créé en 1936 par l’industrie du cinéma. A cette époque, les producteurs avaient besoin de techniciens mais ne pouvaient pas leur garantir un emploi pérenne.

Parmi les intermittents, on trouve 53,5% d’artistes et 46,5% de techniciens. Mais tous les salariés du spectacle ne sont pas intermittents, plus de 125 000 sont affiliés au régime général en CDD ou en CDI. De même, tous les artistes ne bénéficient pas du statut d’intermittent : les scénaristes ou les photographes sont par exemple rattachés au régime social des auteurs. Les intermittents sont aujourd’hui un peu plus de 250 000. Parmi eux, 112 000 ont été indemnisés au moins une fois. En dix ans, le nombre d’intermittents a doublé.

L' intermittence, comment ça marche ?

Pour être indemnisé, un intermittent doit justifier 507 heures de travail sur dix mois. En comparaison, un salarié du régime général doit justifier 610 heures sur 28 mois.

Une fois ces 507 heures atteintes, soit trois mois et demi de travail, un intermittent est indemnisé pendant huit mois. En comparaison, un salarié du régime général est indemnisé une journée pour une journée travaillée.

Selon la Cour des comptes, le régime des intermittents coûte très cher. L’Unedic, l’organisme paritaire qui gère l’assurance chômage verse 1 milliard 260 millions d’euros d'indemnisations. Elle collecte 232 millions d’euros de cotisation. Le déficit annuel est donc estimé à un milliard d’euros.

Ce que le gouvernement veut changer

Le gouvernement de Manuel Valls a mis en place une nouvelle convention d’assurance chômage. Trois mesures concernent directement les intermittents et durcissent leurs conditions d'indemnisation :

1 Le délai de carence entre la fin des périodes travaillées et le versement des allocations est rallongé.

2 Les allocations sont plafonnées à un peu moins de 5 500 euros bruts par mois.

3 Les cotisations sociales des intermittents augmentent de 2%.