01       Pacific 231

d'Arthur Honegger créée en 1923

Pacific 231 ou Mouvement symphonique n° 1 (H. 53) est une œuvre orchestrale d’Arthur Honegger créée en 1923. Premier des trois mouvements symphoniques écrits par le compositeur, elle précède Rugby créée en 1928 et le Mouvement symphonique n° 3 créé en 1933 dont le succès, quoique décroissant, s'inscrit dans la culture nouvelle du xxe siècle.

Ce projet est issu de la musique d'accompagnement du film La Roue d'Abel Gance.

Il s'agit d'un parcours musical à bord de la célèbre locomotive à vapeur éponyme. Le morceau imite divers bruitages grâce aux instruments de l'orchestre symphonique: grincements de ferraille et fuites de vapeur rendus par les glissandi d'instruments aigus (violons), lourdeur du train au démarrage rendue par les instruments graves (cuivres), grand bruit de la pleine vitesse (tuttiorchestral), fracas violent du freinage (percussions). Il y a de plus un aspect répétitif des bruits de roues à différentes allures, Honegger simulant l'aspect de rotation par des croches/triolets/ou doubles-croches longuement répétés, l'accélération du train grâce à des valeurs rythmiques en diminution (valeurs de plus en plus courtes), puis la décélération du train par la technique opposée, c'est-à-dire l'augmentation des valeurs rythmiques (valeurs de plus en plus longues).

L'utilisation du bruit dans la musique en tant que recherche maximale des possibilités sonores deviendra progressivement la norme musicale dominante dans la deuxième partie du xxe siècle, surtout dans la musique électroacoustique, qui, par contre, abandonnera les instruments de musique au profit des objets-instruments, des bruits du quotidien et des sonorités électroniques.

Pacific 231 est une pièce qui peut faire penser à ce qu'allait être la musique répétitive, c'est-à-dire avec une forte compostante rythmique plus que mélodique, encore qu'on puisse facilement isoler plusieurs thèmes mélodiques. Le compositeur américain duxxe siècle Steve Reich, adepte de la musique répétitive, a lui aussi composé une œuvre sur les trains : Different trains.

Ce poème symphonique est considéré comme l'une des premières œuvres musicales dites urbanistes, c'est-à-dire inspirées par la révolution technologique du début du xxe siècle. Le succès international de cette œuvre fut indéniable. Bien que n'étant pas la plus importante de son auteur, elle a fait le tour du monde, et a eu un impact culturel important à l'époque. La Symphonie n°2, dite « de fer et d'acier », de Sergueï Prokofiev a été inspirée par l'écoute de la création de Pacific 231.

Arthur Honegger est né au Havre, de parents zurichois. Rapidement, il manifeste des dons musicaux qui seront mis en valeur par des études devioloniste, et, à Paris surtout, de compositeur.

Il fait partie du fameux Groupe des Six, avec Darius Milhaud, Francis Poulenc, Georges Auric, Germaine Taillefer et Louis Durey. Admirant le non-conformisme d'Erik Satie, Jean Cocteau a réuni ces artistes dont le seul lien est d'appartenir à la même génération. Honegger peut être considéré comme un compositeur isolé. hors de toute école, et créateur d'une œuvre originale.

Il a vécu surtout en France et en Suisse, composant dans et pour ces deux pays.

Different Trains est une œuvre musicale pour quatuor à cordes et bande magnétique du compositeur américain de musique contemporaine Steve Reich écrite en 1988. Cette œuvre a remporté le Grammy Award de la meilleure composition de musique classique contemporaine en 1989.

Historique

Train de l'Union Pacific des années 1930-40, reliant le centre à la côte ouest des États-Unis.

Avec Different Trains, Steve Reich met en parallèle son expérience de très jeune enfant de parents divorcés - dont le père vit sur la côte est des États-Unis à New York et la mère sur la côte ouest à Los Angeles - qui devait fréquemment de 1939 à 1942 prendre le train pour aller d'une ville à l'autre au cours d'un voyage de quatre jours,, avec la mémoire desdéportés d'Europe convoyés dans les trains vers les camps de concentration. Steve Reich sous-entend que s'il avait vécu en Europe à cette époque, en tant qu'enfant juif, ce sont ces « trains bien différents » qu'il aurait probablement dû prendre.

Different Trains est la première pièce de Reich utilisant le discours parlé comme matériau musical, depuis Come Out en 1967. Cette pièce constitue en revanche une nouveauté dans l'écriture de Reich qui utilise pour la première fois des enregistrements d'entretiens réalisés pour l'œuvre, et non de simples bandes magnétiques retravaillées, comme matériau musical. Il réutilisera fréquemment cette approche spécifique de « mélodie du discours » dans ses œuvres ultérieures telles que The Cave, City Life, Three Tales, ouDaniel Variations, initiant ainsi un nouveau style de documentaire musico-théâtral qu'il affectionnera dès lors pour certaines de ses compositions.

Pour cette pièce, le compositeur alterne, en trois mouvements, bruitages évoquant les trains (sirènes, crissements), modifications de cordes et enregistrements de témoignages familiaux et historiques des témoins de cette époque. La composition utilise en partie le concept de répétition, marque des œuvres de Steve Reich. Les interviews, enregistrées dans les années 1980, sont composés de ceux de la propre gouvernante de Steve Reich, Virginia Mitchell, d'un porteur de bagages de la ligne New York-Los Angeles, Lawrence Davis, et de survivants de la shoah (Rachella, Paul et Rachel),.

Different Trains est une commande de Betty Freeman pour le Kronos Quartet. La première mondiale de l'œuvre fut donnée par cet ensemble le au Queen Elizabeth Hall de Londres. En 1989, Different Trains remporte le Grammy Award de la meilleure composition de musique classique contemporaine.

Structure

  1. America-Before the War ~ 9'
  2. Europe-During the War ~ 7'30"
  3. After the War ~ 10'30"

Un des principes de base de la composition est l'imitation par le quatuor de la mélodie du discours des personnes interviewées. Reich transpose la musique des voix enregistrées en notation musicale qu'il donne à jouer au quatuor à cordes en quatre partitions différentes. Le montage est alors effectué grâce à des samplers sur les enregistrements pour donner l'œuvre finie. L'exécution de Different Trains dure environ 27 minutes.

Version pour grand orchestre

Suite à une commande de l'Orchestre de Philadelphie (dirigé par Wolfgang Sawallisch) et l'Orchestre national de Lyon (dirigé par David Robertson), Steve Reich adapte en 2000 une version pour grand orchestre de 48 instruments. Cette version reprend les éléments de la version pour quatuor à cordes, tout en l'étendant. Trois groupes de 12 instrumentistes jouent en direct, la partie qui était pré-enregistrée dans la version de 1988, tandis que le dernier groupe de 12 instrumentistes joue la partition destinée à être jouée en direct. SelonDaniel Caux, l'œuvre gagne ainsi « en lyrisme et en émotion ».

La création de cette version a été réalisée par David Robertson et l'Orchestre de Philadelphie le à Philadelphie.

Symbole de la révolution industrielle naissante, le chemin de fer se développe en France à partir des années 1820. Longtemps considéré comme une curiosité, un " jouet " selon Thiers, il devient sous le Second Empire un nouveau, prodigieux, moyen de transport. Rapidement, la construction de voies ferrées et de gares remodèle le visage de Paris, au centre du réseau en étoile des six grandes compagnies. Cette formidable promesse de progrès et de liberté fascine la population, et notamment les artistes, comme en témoigne témoigne La Gare Saint-Lazare[1] de Monet. - See more at: http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=4#sthash.V5APxovu.dpuf

En janvier 1877, Claude Monet s’installe près de la gare Saint-Lazare. Désireux de s’atteler à un sujet résolument moderne et urbain, le peintre obtient du directeur des Chemins de fer de l’Ouest l’autorisation officielle de dresser son chevalet à l’intérieur de la gare.

Installé sur le quai de la ligne d’Auteuil, Monet représente l’activité fourmillante du lieu. Au centre, une locomotive sombre entre en gare en laissant s’échapper de gros nuages de fumée tandis qu’un train file vers le pont de l’Europe, qui enjambe les voies ferrées au loin. A gauche, l’isolement d’un wagon à l’arrêt contraste avec l’effervescence d’un départ ou d’une arrivée, à droite. D’imposants immeubles baignés de lumière et un ciel clément se partagent tout l’arrière-plan. L’architecture de la halle crée subtilement une composition symétrique où la perspective s’enfonce au centre dans la profonde tranchée que la construction des voies a creusée le long de la rue de Rome.

Monet saisit sur le vif l’atmosphère bouillonnante qui, tour à tour, estompe ou souligne la charpente métallique et la verrière de la marquise, le tracé des voies, les façades des immeubles, les silhouettes. Par une palette riche et une touche variée, le peintre fixe les " impressions " que lui inspirent les jeux multiples de lumière et de couleurs entre le soleil et la vapeur.

Contrairement à Manet et Caillebotte sur le même sujet[2], il aborde la gare comme un lieu en perpétuel mouvement et s’attache à rendre tous ses aspects changeants avec une grande variété de techniques et de compositions[3].

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Devant ce tableau et six autres vues de la gare Saint-Lazare que Monet présente à la troisième exposition des Impressionnistes en 1877, de nombreux critiques reconnaissent sa remarquable capacité à restituer la vie de la gare, ses couleurs et ses bruits. Le peintre immortalise ainsi la gare Saint-Lazare[4] construite par l’architecte Alfred Armand en 1841-1843 et couverte, côté banlieue, d’une immense marquise aménagée par l’ingénieur Eugène Flachat en 1853 . Cette partie de la gare, laissée intacte par l’architecte Juste Lisch, chargé du dernier agrandissement de la gare en 1885-1889, est, encore aujourd’hui, identifiable. Monet nous invite également à découvrir le nouveau quartier de l’Europe, établi par le baron Haussmann en 1858 et réalisé à partir de 1860 ; ses larges artères, ses immeubles de rapport et le pont de l’Europe, qui remplace en 1867 l’ancienne place de l’Europe et ses tunnels.

Il est ainsi passionnant de vérifier que les maîtres impressionnistes, et Monet le premier d’entre eux, n’ont pas été seulement de merveilleux paysagistes, mais aussi des observateurs sensibles de la ville moderne.

Auteur : Fleur SIOUFFI

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