SOS MÉDECINS EN DÉTRESSE

Le 25 janvier dernier, SOS Médecins a lancé un grand mouvement de grève, bloquant les 63 structures à travers la France. L'association craint la suppression de la garde de nuit, de minuit à 8h, et la fin des visites à domicile sur le même créneau horaire. Cette suppression est déjà effective en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais. Résultat, les patients sont obligés de passer par les urgences, déjà surchargées. Avant la grève de du 25 janvier, qui a duré 24 heures, SOS Médecins avait indiqué sur son site internet avoir écrit au président de la République. "Monsieur le Président, trouvez-vous normal qu’entre minuit et 8 heures du matin, les parents d’un nourrisson souffrant de laryngite ou de bronchiolite, soient contraints de le conduire obligatoirement aux Urgences Pédiatriques ?", interrogeait l'organisation dans cette lettre à François Hollande.

Romain Varnier est médecin au centre SOS Médecins d'Echirolles et vice-président de SOS Médecin Isère. Avec ses collègues, il a fait grève le 25 janvier pour manifester son désaccord face au projet de loi Touraine. "Les enjeux sont multiples. Le projet, c'est que les patients soient régulés uniquement par le 15. Au lieu d'avoir l'avis d'un médecin de garde, les gens prendront l'ambulance." Mais ce que le Dr Varnier regrette le plus, c'est que SOS Médecins n'ait pas été concerté par le gouvernement lors de la préparation du projet de loi.

Romain Varnier souligne également que la garde de nuit coûte cher : "Travailler sur ce créneau là nous très cher. Il faut payer les secrétaires qui travaillent de nuit et qui sont donc payées double." Le vice-président de SOS Médecins Isère ajoute que les urgences et SOS Médecins entretiennent de bonnes relations, car l'organisation créée en 1966 décharge des salles d'attente déjà surchargées. Malgré une réunion avec Marisol Touraine le 2 février, aucun accord n'a été trouvé, et SOS Médecins est prêt à faire une grève par mois.

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