06  Musique, intention et mémoire

Cette séquence porte sur les musiques savantes qui s'inspirent de musiques de tradition orale des pays de l'Europe de l'Est.
Une discipline est associée à ce phénomène : l' Ethnomusicologie.
Cette science humaine mêle l'ethnologie et la musicologie.
Les ethnomusicologues s'intéressent à la musique traditionnelle d'un pays, d'un continent, ils voyagent et rencontrent les musiques des lieux, analysent, enregistrent et parfois retranscrivent celles-ci pour les archiver et les diffuser au monde entier.
La question que nous nous poserons est la suivante : Comment les compositeurs ont-ils intégré à leurs compositions les musiques traditionnelles de l'Europe de l'Est?
Nous aborderons les domaines du Rythme et du Temps, du Timbre et de l'Espace.

Danse Hongroise n°5 (1867) de Johannes Brahms

Oeuvre principale :
La Danse Hongroise n°5 (1867) de Johannes Brahms (Compositeur Allemand de la période Romantique, 1833-1897).
Cette pièce musicale est influencée par la musique hongroise et tsigane d’Europe de l’Est.
Le compositeur a emprunté des airs populaires hongrois et les a arrangés pour piano.

La musique est interprétée par un orchestre à cordes, quelques instruments à vent et à percussions.
Le caractère contrasté oscille entre nostalgie et gaîté, avec des changements de tempo et de nuances à l'intérieur des phrases musicales.

Nous aborderons les notions de : pulsation, tempo, et mesure.

Chant : Maria Suszanna (composée par Michèle Bernard, auteure compositrice interprète française née en 1947).

Cette chanson offre un bon exemple de l'emprunt au style tzigane hongrois, qui fait intégralement partie du paysage de la musique de ce pays, de par le choix des instruments (accordéon, cymbalum, cordes) et de l'emploi du "Lassu-friss" alias "lent-rapide" (phénomène qui consiste à varier le tempo d'un morceau en cours d'exécution, faisant osciller le caractère de cette musique entre nostalgie et gaîté). Nous écouterons donc attentivement la coda de la chanson.

Oeuvres complémentaires :

Nous allons observer une danse hongroise traditionnelle pour repérer les éléments que Brahms aurait pu emprunter à cette musique traditionnelle.

Dans cette danse accompagnée de musique nous retrouvons la virtuosité du jeu du violon, un rythme très rapide, l'accompagnement par des percussions corporelles (les bottes et les frappes de mains).
La différence consiste dans le rôle conféré à la musique, ici destinée à accompagner des danseurs (alors que la danse de Brahms est "stylisée", destinée au concert).
On peut aussi observer des parties chantées et des sifflements. Il y a des passages en solo des danseurs.
Le tempo est rapide tout au long de la danse (pas de changement de tempo).

Ecoute d'une musique instrumentale traditionnelle hongroise (Romances et Czardas)

Dans cette video vous pourrez écouter l'un de smembres du groupe des Tarafs de Haïdouksjouer un solo de cymbalum

(il s'agit ici cependant de la musique des Roms de Roumanie).

Nous comparerons notre oeuvre principale à la Danse Roumaine n°5 : Porga Româneasca (aller à 6’05 sur la video ; les 7 danses sont enchaînées à la suite) de Bela Bartok (compositeur Hongrois de la période Moderne, 1881-1945).
Cette pièce musicale est une sorte de Polka influencée par la musique roumaine de Transylvanie.
Le compositeur a emprunté des airs populaires roumains et les a arrangés pour piano.

Voici les danses roumaines interprétées par l'orchestre Rajko.

Nous comparerons l'instrumentarium de cette oeuvre avec celui de l'oeuvre de Brahms (ici il y a un violon solo), et observerons s'il y a des changements de tempo ici aussi, nous verrons que dans cette danse il y a des changements de mesures à l'intérieur d'une même danse et des déplacements d'accents.

Nous allons regarder un extrait d'une démonstration de danse roumaine traditionnelle pour voir si elle ressemble à la danse hongroise.